Le voyage des amitiés
Nous étions partis célébrer nos 36-60-65 ans ensembles, sachant que nos frères et sœurs de sangha seraient absent, étant donné le “déplacement” du séminaire annuel vers le Vietnam. Après ces années d’isolement à cause de la pandémie, notre hâte de retrouver une multitude de visages connus s’était transformée en crainte de se retrouver sans trop de références. Tout le contraire s’est manifesté!
Au départ de notre amie Claire, le 10 novembre dernier, un petit vide s’est rapidement remplie d’une autre présence, aussi vêtue d’une robe ;-)
Nous nous sommes connus en 2018, dans un restaurant de McLeod Ganj portant son nom, tout à fait par hasard. Kunga Dakpa, un Venerable Khenpo du monastère Mindroling situé à Dehradun dans l’état d’Uttarakhand en Inde du Nord, est devenu un ami précieux avec lequel j’ai eu le bonheur d’échanger au cours des cinq dernières années. Mon ami moine souhaitait connaître mieux l’esprit des gens de l’ouest, je voulais me rapprocher davantage de l’esprit Tibétain. Nous avons partagé des lectures et des livres, des nouvelles du monde et de nos climats respectifs, des émotions et des pensées au quotidien, navigant l’un vers l’autre via la magie du “Net”, avec le souhait de nous retrouver, en présence de Sylvain, d’abord chez-nous, puis ici, au Népal, dans cet autre “chez-nous” commun.
Depuis un an nous parlions de ce second séjour au Népal que nous étions à préparer, Sylvain et moi. Notre souhait qu’il se joigne à nous s’est réalisé. Nous lui avons trouvé une chambre confortable, à deux pas de notre hôtel, puis nous avons passé la majeure partie de nos journées ensembles, à lui faire découvrir ce que nous connaissions d’ici. J’ai même pu lui organiser une rencontre avec notre précieux maître tibétain Chokyi Nyima Rinpoché. Dans les derniers jours de sa présence au Népal, notre ami Kunga a pu retrouver une multitude des ses bons amis qui résident dans la Vallée de Kathmandu, puis nous avons pu aller au fameux monastère où nos maîtres ont passé leurs enfances et une partie importante de leurs vies, la “nonerie” Nagi Gompa.
Le 24 novembre, il est reparti vers Sarnath, en Inde, où il enseignera pour les mois à venir.
Cette fois-ci le départ a été précédé par une autre arrivée, notre vieil ami Daniel, celui que j’appelle affectueusement mon vieux sadhu québécois. Daniel est apparu dans ma vie alors que j’entrais dans mes études universitaires, sur la fin des années 70. Il travaillait à mon Café préféré, Le Pellerin, à Montréal. Nous avons fréquenté les routes hindoues et indiennes dans les mêmes époques, puis nous nous sommes retrouvés, plus loin, transformés par le temps passé à cheminer, tant dehors qu’en dedans. C’est l’arrêt de l’octroie des visas indiens aux Canadiens, en octobre dernier, qui l’aura fait dériver rapidement vers le Népal, où il n’avait pas planifié passer autant de temps à voyager. Il y aura eu le plaisir de rencontrer notre cher Khenpo La, mais aussi notre chère amie Zara, de Pune en Inde. Une autre magnifique amie à se joindre à notre danse, dix minutes à la fois (c’est un “running gag” entre elle et nous), enrichissant davantage notre beau séjour.
De magnifiques humains et d’attachants chiens errants
Depuis mon premier voyage en région himalayenne, en 2001, je n’aurai jamais rencontré autant de chiens errants si bien traités qu’ici, à Bodhanath. C’est profondément touchant de voir s’arrêter une vieille dame tibétaine qui se penche sur un vieux chien errant pour peigner son pelage, soigner ses plaies et lui laisser un sac de riz cuit avant de s’en éloigner. Ici, par amour-bienveillant et par une grande compassion héritée du Bouddha à travers les siècles (.. les millénaires), les gens du coin s’occupent des amis à quatre pattes afin de leur offrir le meilleur confort possible. Chaque samedi, des bénévoles accompagnés de vétérinaires s’installent sur la place du Grand Stupa de Bodhanath et les chiens courent à leur rencontre. Ils savent qu’ils seront lavés, brossés, soignés et parfois même vêtus de petits manteaux pour protéger leurs plaies, lorsqu’ils ont du subir des chirurgies, ou lorsqu’ils ont la peau affectée. Un jour, alors que nous étions assis sur un banc à réciter des mantras et des prières, sylvain et moi, l’un d’eux est monté s’asseoir à mes côtés, me regardant fixement. Puis, soudainement, il m‘a interpellé en tapant mon bras avec sa patte, l’air de dire “Je suis là! Occupes-toi de moi!” Quelques paroles, plusieurs câlins et un petit moment en notre compagnie, il est redescendu du banc pour continuer son chemin. Ici, une organisation s’occupe des canins en leurs offrant soin, nourriture et parfois même de vieilles valises remplies de couvertures chaudes afin qu’ils passent de bonnes nuits… ou plutôt de bons dodos, au petit matin, après avoir passé leurs nuits à courir, se disputer et japper les uns après les autres pour préserver leurs petits acquis.
Je disais en blague à mon ami moine “ce sont peut-être d’anciens lamas venus inciter les humains à la compassion, où venus expier leur propre indifférence envers les êtres du règne animal”, qui sait?!
Une autre “dizaine” et on rentre au pays
Il nous reste à peine un peu moins de dix jours, sept au Népal et deux à Delhi, avant de regagner le pays des neiges. La fatigue est présente, mais on la gère plutôt bien au quotidien. À force de forcer, j’ai développé des muscles et des tactiques, Sylvain lui a développé des fessiers! Pas évident de passer ses jours assis dans un fauteuil a roues, quoique ça lui donne parfois un air princier lorsqu’on effectue nos circumambulations quotidiennes autours du Grand Stupa. Quelquefois, le matin et le soir, on fait ensemble quelques pas pour garder les jambes en force, mais le poids accumulé au cours des dernières semaines (nous qui n’avions plus l’habitude de déjeuner), nous contraint à plus d’efforts. L’arrivée prochaine des Fêtes de Noël et du Jour de l’AN sera un beau grand défi lorsqu’il s’agira de reprendre le jeune intermittent qui faisait partie de notre quotidien depuis 2020.
Jusqu’à maintenant, ce voyage est plutôt heureux dans tous ses aspects et Sylvain parle même de revenir dans un futur rapproché. Vous dire combien l’expérience actuelle répond bien à nos esprits!
Oh! J’oubliais, nous avons eu la bonne fortune de pouvoir assister à une heure d’enseignements sur la l’interdépendance des phénomènes, la vacuité et la compassion, avec l’extraordinaire Kandro Kunga Bhuma Rinpoché, au Monastère de Kopan, dans le cadre du November Course, le premier sans la présence de Lama Zopa Rinpoché. La rencontre avait lieu dans le lieu même où j’ai vécu deux retraites d’un mois et où en 2006 j’ai reçu et pris les vœux de refuges sous la bienveillance de Lama Zopa Rinpoché qui accepta de me donner officiellement le nom Thundup que j’avais reçu de ma famille ladakhi (à l’été 2004). Je vous laisse encore une fois “Googler” ces deux noms pour en apprendre davantage sur qui sont Kandro Kunga Bhuma et Lama Zopa Rinpoché. Bonne recherche et bonne lecture!
Je vous laisse donc encore une fois sur quelques images évocatrices et, tous les deux, on espère avoir un moment pour vous écrire à nouveau sur ce blogue avant de re-déposer nos pieds sur le sol du Québec.




































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