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dimanche 26 novembre 2023

De vies qui passent / Of passing lives



Le voyage des amitiés
 

    Nous étions partis célébrer nos 36-60-65 ans ensembles, sachant que nos frères et sœurs de sangha seraient absent, étant donné le “déplacement” du séminaire annuel vers le Vietnam. Après ces années d’isolement  à cause de la pandémie, notre hâte de retrouver une multitude de visages connus s’était transformée en crainte de se retrouver sans trop de références. Tout le contraire s’est manifesté!

Au départ de notre amie Claire, le 10 novembre dernier, un petit vide s’est rapidement remplie d’une autre présence, aussi vêtue d’une robe  ;-)

Nous nous sommes connus en 2018, dans un restaurant de McLeod Ganj portant son nom, tout à fait par hasard. Kunga Dakpa, un Venerable Khenpo du monastère Mindroling situé à Dehradun dans l’état d’Uttarakhand en Inde du Nord, est devenu un ami précieux avec lequel j’ai eu le bonheur d’échanger au cours des cinq dernières années.  Mon ami moine souhaitait connaître mieux l’esprit des gens de l’ouest, je voulais me rapprocher davantage de l’esprit Tibétain. Nous avons partagé des lectures et des livres, des nouvelles du monde et de nos climats respectifs, des émotions et des pensées au quotidien, navigant l’un vers l’autre via la magie du “Net”, avec le souhait de nous retrouver, en présence de Sylvain, d’abord chez-nous, puis ici, au Népal, dans cet autre “chez-nous” commun. 

Depuis un an nous parlions de ce second séjour au Népal que nous étions à préparer, Sylvain et moi. Notre souhait qu’il se joigne à nous s’est réalisé. Nous lui avons trouvé une chambre confortable, à deux pas de notre hôtel, puis nous avons passé la majeure partie de nos journées ensembles, à lui faire découvrir ce que nous connaissions d’ici. J’ai même pu lui organiser une rencontre avec notre précieux maître tibétain Chokyi Nyima Rinpoché. Dans les derniers jours de sa présence au Népal, notre ami Kunga a pu retrouver une multitude des ses bons amis qui résident dans la Vallée de Kathmandu, puis nous avons pu aller au fameux monastère où nos maîtres ont passé leurs enfances et une partie importante de leurs vies, la “nonerie” Nagi Gompa. 

Le 24 novembre, il est reparti vers Sarnath, en Inde, où il enseignera pour les mois à venir. 

Cette fois-ci le départ a été précédé par une autre arrivée, notre vieil ami Daniel, celui que j’appelle affectueusement mon vieux sadhu québécois. Daniel est apparu dans ma vie alors que j’entrais dans mes études universitaires, sur la fin des années 70. Il travaillait à mon Café préféré, Le Pellerin, à Montréal. Nous avons fréquenté les routes hindoues et indiennes dans les mêmes époques, puis nous nous sommes retrouvés, plus loin, transformés par le temps passé à cheminer, tant dehors qu’en dedans. C’est l’arrêt de l’octroie des visas indiens aux Canadiens, en octobre dernier, qui l’aura fait dériver rapidement vers le Népal, où il n’avait pas planifié passer autant de temps à voyager. Il y aura eu le plaisir de rencontrer notre cher Khenpo La, mais aussi notre chère amie Zara, de Pune en Inde. Une autre magnifique amie à se joindre à notre danse, dix minutes à la fois (c’est un “running gag” entre elle et nous), enrichissant davantage notre beau séjour.


De magnifiques humains et d’attachants chiens errants


Depuis mon premier voyage en région himalayenne, en 2001, je n’aurai jamais rencontré autant de chiens errants si bien traités qu’ici, à Bodhanath. C’est profondément touchant de voir s’arrêter une vieille dame tibétaine qui se penche sur un vieux chien errant pour peigner son pelage, soigner ses plaies et lui laisser un sac de riz cuit avant de s’en éloigner.  Ici, par amour-bienveillant et par une grande compassion héritée du Bouddha à travers les siècles (.. les millénaires), les gens du coin s’occupent des amis à quatre pattes afin de leur offrir le meilleur confort possible. Chaque samedi, des bénévoles accompagnés de vétérinaires s’installent sur la place du Grand Stupa de Bodhanath et les chiens courent à leur rencontre. Ils savent qu’ils seront lavés, brossés, soignés et parfois même vêtus de petits manteaux pour protéger leurs plaies, lorsqu’ils ont du subir des chirurgies, ou lorsqu’ils ont la peau affectée.  Un jour, alors que nous étions assis sur un banc à réciter des mantras et des prières, sylvain et moi, l’un d’eux est monté s’asseoir à mes côtés, me regardant fixement. Puis, soudainement, il m‘a interpellé en tapant mon bras avec sa patte, l’air de dire “Je suis là! Occupes-toi de moi!” Quelques paroles, plusieurs câlins et un petit moment en notre compagnie, il est redescendu du banc pour continuer son chemin.  Ici, une organisation s’occupe des canins en leurs offrant soin, nourriture et parfois même de vieilles valises remplies de couvertures chaudes afin qu’ils passent de bonnes nuits… ou plutôt de bons dodos, au petit matin, après avoir passé leurs nuits à courir, se disputer et japper les uns après les autres pour préserver leurs petits acquis. 

Je disais en blague à mon ami moine “ce sont peut-être d’anciens lamas venus inciter les humains à la compassion, où venus expier leur propre indifférence envers les êtres du règne animal”, qui sait?!


Une autre “dizaine” et on rentre au pays 

Il nous reste à peine un peu moins de dix jours, sept au Népal et deux à Delhi, avant de regagner le pays des neiges. La fatigue est présente, mais on la gère plutôt bien au quotidien. À force de forcer, j’ai développé des muscles et des tactiques, Sylvain lui a développé des fessiers! Pas évident de passer ses jours assis dans un fauteuil a roues, quoique ça lui donne parfois un air princier lorsqu’on effectue nos circumambulations quotidiennes autours du Grand Stupa. Quelquefois, le matin et le soir, on fait ensemble quelques pas pour garder les jambes en force, mais le poids accumulé au cours des dernières semaines (nous qui n’avions plus l’habitude de déjeuner), nous contraint à plus d’efforts. L’arrivée prochaine des Fêtes de Noël et du Jour de l’AN sera un beau grand défi lorsqu’il s’agira de reprendre le jeune intermittent qui faisait partie de notre quotidien depuis 2020. 

Jusqu’à maintenant, ce voyage est plutôt heureux dans tous ses aspects et Sylvain parle même de revenir dans un futur rapproché. Vous dire combien l’expérience actuelle répond bien à nos esprits!


Oh! J’oubliais, nous avons eu la bonne fortune de pouvoir assister à une heure d’enseignements sur la l’interdépendance des phénomènes, la vacuité et la compassion, avec l’extraordinaire Kandro Kunga Bhuma Rinpoché, au Monastère de Kopan, dans le cadre du November Course, le premier sans la présence de Lama Zopa Rinpoché. La rencontre avait lieu dans le lieu même où j’ai vécu deux retraites d’un mois et où en 2006 j’ai reçu et pris les vœux de refuges sous la bienveillance de Lama Zopa Rinpoché qui accepta de me donner officiellement le nom Thundup que j’avais reçu de ma famille ladakhi (à l’été 2004). Je vous laisse encore une fois “Googler” ces deux noms pour en apprendre davantage sur qui sont Kandro Kunga Bhuma et Lama Zopa Rinpoché. Bonne recherche et bonne lecture!




Je vous laisse donc encore une fois sur quelques images évocatrices et, tous les deux, on espère avoir un moment pour vous écrire à nouveau sur ce blogue avant de re-déposer nos pieds sur le sol du Québec.



















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 (Here’s the English version! Sorry for the delays!)

The journey of friendships

    We had gone to celebrate our 36-60-65 years together, knowing that our sangha brothers and sisters would be absent, given the “moving” of the annual seminar to Vietnam. After these years of isolation due to the pandemic, our eagerness to find a multitude of familiar faces had transformed into fear of finding ourselves without those many references we were expecting. AHHHH Expectation! Quite the opposite happened!

When our friend Claire left on November 10, an empty space in our daily life was quickly filled with another presence, also dressed in robe ;-)

        We met in 2018, in a restaurant on McLeod Ganj bearing his name, quite by coincidence. Kunga Dakpa, a Venerable Khenpo from Mindroling monastery located in Dehradun, in the state of Uttarakhand, North India, has become a precious friend with whom I have had the pleasure of exchanging over the past five years. My monk friend wanted to know better the spirit of people from the West, I wanted to get closer to the Tibetan spirit. We shared readings and books, news from the world and our respective climates, emotions and daily thoughts, navigating towards each other via the magic of the “Net”, with the wish to find ourselves again, this time in the presence of Sylvain, in Quebec or here in Nepal, this other “home” we have in common.

For a year we had been talking about this second trip to Nepal that Sylvain and I were preparing. Our wish for him to join us became real. We found him a comfortable room, a stone's throw from our hotel, then we spent most of our days together, showing him what we knew best around here. I was even able to organize a meeting for him with our precious Tibetan master Chokyi Nyima Rinpoche. In the last days of his presence in Nepal, our friend Kunga was able to find a multitude of his good friends who reside in the Kathmandu Valley, then we were able to go to the famous monastery where our masters spent their childhoods and a significant part of their lives, the nunnery Nagi Gompa.

On November 24, he left for Sarnath, India, where he will teach for the coming months.

This time the departure was preceded by another arrival, our old friend Daniel, the one I affectionately call my old québécois sadhu. Daniel appeared in my life as I was entering university in the late 70’s. He worked at my favorite Café, Le Pellerin, in Montreal. We traveled the Hindu and Indian roads at the same times, then we found ourselves, further on, transformed by the time spent traveling, both outside and inside. It was the cessation of the granting of Indian visas to Canadians last October that caused him to quickly drift towards Nepal, where he had not planned to spend so much time traveling. There was the pleasure of meeting our dear Khenpo La, but also our dear friend Zara, from Pune in India. Another beautiful friend to join our dance, “ten minutes at a time” (it’s a “running gag” between her and us), further enriching our beautiful stay.


Beautiful humans and endearing stray dogs

Since my first trip to the Himalayan region in 2001, I have never encountered so many stray dogs that are so well treated as here in Bodhanath. It is deeply touching to see an old Tibetan lady stop and bend over an old stray dog ​​to comb its coat, treat its wounds and leave it a bag of cooked rice before walking away. Here, out of loving-kindness and great compassion inherited from the Buddha throughout the centuries (.. millenniums ), the local people take care of four-legged friends in order to offer them the best possible comfort. Every Saturday, volunteers accompanied by veterinarians set up on the square of the Great Stupa of Bodhanath and the dogs run to meet them. They know that they will be washed, brushed, cared for and sometimes even dressed in little coats to protect their wounds, when they have had to undergo surgeries, or when their skin is affected. One day, while Sylvain and I were sitting on a bench reciting mantras and prayers, one of them came up and sat next to me, staring at me. Then, suddenly, he called out to me by tapping my arm with his paw, as if saying “I’m here! Take care of me!” A few words, several hugs and a little moment in our company, he got off the bench to continue on his way. Here, an organization takes care of canines by offering them care, food and sometimes even old suitcases filled with warm blankets so that they have a good night's sleep... or rather a good sleep in the early morning, after having spent their nights running, arguing and barking one after the other to preserve their little gains.

I joked to my monk friend:  “perhaps they are ancient lamas who came to encourage humans to be compassionate, or who came to atone for their own indifference towards beings of the animal realm”, who knows?!



Another “ten” and we return home

At the moment i wrote the french version of this text, We had just under ten days left, seven in Nepal and two in Delhi, before returning to the land of snow. Fatigue is present, but we manage it quite well on a daily basis. By forcing myself, I developed muscles and tactics, Sylvain developed glutes! It's not easy to spend days sitting in a wheeled chair, although it sometimes gives you a princely air when you make your daily circumambulations around the Great Stupa. Sometimes, in the morning and evening, we take a few steps together to keep our legs strong, but the weight accumulated over the last few weeks (we were no longer used to eating breakfast), forces us to make more efforts. The upcoming arrival of the Christmas and New Year's Day holidays will be a great challenge when it comes to resuming the intermittent fasting that has been part of our daily lives since 2020.

So far, this trip has been rather happy in all its aspects and Sylvain is even talking about returning in the near future. Imagine how well the current experience responds to our minds!

Oh! I forgot: We had the good fortune to be able to attend a teaching on dependent arising, emptiness and compassion, with the extraordinary Kandro Kunga Bhuma Rinpoche, at Kopan Monastery, as part of of the November Course, the first without the presence of Lama Zopa Rinpoche. The meeting took place in the same Chenrezig Gompa, the place where I experienced two one-month retreats, and where (in 2006) I received and took refuge vows from the loving-kindness of Lama Zopa Rinpoche who agreed to officially give me the name Thundup which I had received from my Ladakhi family two years and a half before. 
I will let you once again “Google” these two names to learn more about who Kandro Kunga Bhuma and Lama Zopa Rinpoche are. Happy research and happy reading!



So I'll leave you once again with some evocative images, and we both hope to have a moment to post some more texts and images on this blog before setting our feet down again on our mother land.


























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