Aiguiser son attention pour prendre conscience des émotions négatives au moment même où elles surgissent. On éteint mieux une étincelle qu’un feu de forêt. Matthieu Ricard, Alexandre Jollien et Christophe André, Trois amis en quête de sagesse.
(Les lettres sont affichées en ordre de publication / Letters are published in order of publication
dimanche 26 novembre 2023
Du feu de la colère / Os the fire of anger (another sharing from Sylvain)
Aiguiser son attention pour prendre conscience des émotions négatives au moment même où elles surgissent. On éteint mieux une étincelle qu’un feu de forêt. Matthieu Ricard, Alexandre Jollien et Christophe André, Trois amis en quête de sagesse.
De vies qui passent / Of passing lives
Le voyage des amitiés
Nous étions partis célébrer nos 36-60-65 ans ensembles, sachant que nos frères et sœurs de sangha seraient absent, étant donné le “déplacement” du séminaire annuel vers le Vietnam. Après ces années d’isolement à cause de la pandémie, notre hâte de retrouver une multitude de visages connus s’était transformée en crainte de se retrouver sans trop de références. Tout le contraire s’est manifesté!
Au départ de notre amie Claire, le 10 novembre dernier, un petit vide s’est rapidement remplie d’une autre présence, aussi vêtue d’une robe ;-)
Nous nous sommes connus en 2018, dans un restaurant de McLeod Ganj portant son nom, tout à fait par hasard. Kunga Dakpa, un Venerable Khenpo du monastère Mindroling situé à Dehradun dans l’état d’Uttarakhand en Inde du Nord, est devenu un ami précieux avec lequel j’ai eu le bonheur d’échanger au cours des cinq dernières années. Mon ami moine souhaitait connaître mieux l’esprit des gens de l’ouest, je voulais me rapprocher davantage de l’esprit Tibétain. Nous avons partagé des lectures et des livres, des nouvelles du monde et de nos climats respectifs, des émotions et des pensées au quotidien, navigant l’un vers l’autre via la magie du “Net”, avec le souhait de nous retrouver, en présence de Sylvain, d’abord chez-nous, puis ici, au Népal, dans cet autre “chez-nous” commun.
Depuis un an nous parlions de ce second séjour au Népal que nous étions à préparer, Sylvain et moi. Notre souhait qu’il se joigne à nous s’est réalisé. Nous lui avons trouvé une chambre confortable, à deux pas de notre hôtel, puis nous avons passé la majeure partie de nos journées ensembles, à lui faire découvrir ce que nous connaissions d’ici. J’ai même pu lui organiser une rencontre avec notre précieux maître tibétain Chokyi Nyima Rinpoché. Dans les derniers jours de sa présence au Népal, notre ami Kunga a pu retrouver une multitude des ses bons amis qui résident dans la Vallée de Kathmandu, puis nous avons pu aller au fameux monastère où nos maîtres ont passé leurs enfances et une partie importante de leurs vies, la “nonerie” Nagi Gompa.
Le 24 novembre, il est reparti vers Sarnath, en Inde, où il enseignera pour les mois à venir.
Cette fois-ci le départ a été précédé par une autre arrivée, notre vieil ami Daniel, celui que j’appelle affectueusement mon vieux sadhu québécois. Daniel est apparu dans ma vie alors que j’entrais dans mes études universitaires, sur la fin des années 70. Il travaillait à mon Café préféré, Le Pellerin, à Montréal. Nous avons fréquenté les routes hindoues et indiennes dans les mêmes époques, puis nous nous sommes retrouvés, plus loin, transformés par le temps passé à cheminer, tant dehors qu’en dedans. C’est l’arrêt de l’octroie des visas indiens aux Canadiens, en octobre dernier, qui l’aura fait dériver rapidement vers le Népal, où il n’avait pas planifié passer autant de temps à voyager. Il y aura eu le plaisir de rencontrer notre cher Khenpo La, mais aussi notre chère amie Zara, de Pune en Inde. Une autre magnifique amie à se joindre à notre danse, dix minutes à la fois (c’est un “running gag” entre elle et nous), enrichissant davantage notre beau séjour.
De magnifiques humains et d’attachants chiens errants
Depuis mon premier voyage en région himalayenne, en 2001, je n’aurai jamais rencontré autant de chiens errants si bien traités qu’ici, à Bodhanath. C’est profondément touchant de voir s’arrêter une vieille dame tibétaine qui se penche sur un vieux chien errant pour peigner son pelage, soigner ses plaies et lui laisser un sac de riz cuit avant de s’en éloigner. Ici, par amour-bienveillant et par une grande compassion héritée du Bouddha à travers les siècles (.. les millénaires), les gens du coin s’occupent des amis à quatre pattes afin de leur offrir le meilleur confort possible. Chaque samedi, des bénévoles accompagnés de vétérinaires s’installent sur la place du Grand Stupa de Bodhanath et les chiens courent à leur rencontre. Ils savent qu’ils seront lavés, brossés, soignés et parfois même vêtus de petits manteaux pour protéger leurs plaies, lorsqu’ils ont du subir des chirurgies, ou lorsqu’ils ont la peau affectée. Un jour, alors que nous étions assis sur un banc à réciter des mantras et des prières, sylvain et moi, l’un d’eux est monté s’asseoir à mes côtés, me regardant fixement. Puis, soudainement, il m‘a interpellé en tapant mon bras avec sa patte, l’air de dire “Je suis là! Occupes-toi de moi!” Quelques paroles, plusieurs câlins et un petit moment en notre compagnie, il est redescendu du banc pour continuer son chemin. Ici, une organisation s’occupe des canins en leurs offrant soin, nourriture et parfois même de vieilles valises remplies de couvertures chaudes afin qu’ils passent de bonnes nuits… ou plutôt de bons dodos, au petit matin, après avoir passé leurs nuits à courir, se disputer et japper les uns après les autres pour préserver leurs petits acquis.
Je disais en blague à mon ami moine “ce sont peut-être d’anciens lamas venus inciter les humains à la compassion, où venus expier leur propre indifférence envers les êtres du règne animal”, qui sait?!
Une autre “dizaine” et on rentre au pays
Il nous reste à peine un peu moins de dix jours, sept au Népal et deux à Delhi, avant de regagner le pays des neiges. La fatigue est présente, mais on la gère plutôt bien au quotidien. À force de forcer, j’ai développé des muscles et des tactiques, Sylvain lui a développé des fessiers! Pas évident de passer ses jours assis dans un fauteuil a roues, quoique ça lui donne parfois un air princier lorsqu’on effectue nos circumambulations quotidiennes autours du Grand Stupa. Quelquefois, le matin et le soir, on fait ensemble quelques pas pour garder les jambes en force, mais le poids accumulé au cours des dernières semaines (nous qui n’avions plus l’habitude de déjeuner), nous contraint à plus d’efforts. L’arrivée prochaine des Fêtes de Noël et du Jour de l’AN sera un beau grand défi lorsqu’il s’agira de reprendre le jeune intermittent qui faisait partie de notre quotidien depuis 2020.
Jusqu’à maintenant, ce voyage est plutôt heureux dans tous ses aspects et Sylvain parle même de revenir dans un futur rapproché. Vous dire combien l’expérience actuelle répond bien à nos esprits!
Oh! J’oubliais, nous avons eu la bonne fortune de pouvoir assister à une heure d’enseignements sur la l’interdépendance des phénomènes, la vacuité et la compassion, avec l’extraordinaire Kandro Kunga Bhuma Rinpoché, au Monastère de Kopan, dans le cadre du November Course, le premier sans la présence de Lama Zopa Rinpoché. La rencontre avait lieu dans le lieu même où j’ai vécu deux retraites d’un mois et où en 2006 j’ai reçu et pris les vœux de refuges sous la bienveillance de Lama Zopa Rinpoché qui accepta de me donner officiellement le nom Thundup que j’avais reçu de ma famille ladakhi (à l’été 2004). Je vous laisse encore une fois “Googler” ces deux noms pour en apprendre davantage sur qui sont Kandro Kunga Bhuma et Lama Zopa Rinpoché. Bonne recherche et bonne lecture!
Je vous laisse donc encore une fois sur quelques images évocatrices et, tous les deux, on espère avoir un moment pour vous écrire à nouveau sur ce blogue avant de re-déposer nos pieds sur le sol du Québec.
Avant le dernier tournant / Before the last turn / (Sylvain … Inspiration)
La bonté dans les yeux et les sourires sont notre humanité commune.
Les rides d’une vie, la sagesse des petits gestes et des prières,
Pendant lesquelles le temps
Semble s'allonger et parfois s’arrêter.
Les femmes tibétaines au cœur de nos koras partagées.
Aux flottements des drapeaux de prières portant nos espoirs d’un monde meilleur,
Des regards lumineux échangés
Traits d’union d’une culture à une autre.
Dans ce silence, le mot partage prend tout son sens car il tire son essence dans la reconnaissance de « l’autre » trop souvent résumé par le mot « étranger ». Sans ces rencontres, que reste-il de ce « nous » prôné par nos instances législatives, une vision réductrice, folklorique ?
Je n’ai pas de réponse, je n’ai que des questions. J’ai toutefois une certitude, je garderai longtemps au creux de mon cœur, lors des longues journées hivernales de mon coin du monde, la chaleur de ces visages venus à ma rencontre et la force de mon compagnon de voyage qui m’y a portée.
(Sylvain)
mardi 21 novembre 2023
Nagi Gompa
Voici quelques images de ce lieu devenu mythique parce qu’il fut le théâtre de profondes rencontres entre une multitude de jeunes gens venus d’ailleurs et un des plus grand maîtres tibétain, Tulku Urgyen Rinpoche. C’était à l’époque des hippies, quand la quête de sens transportait les esprits marqués par la guerre du Vietnam, sur les routes indiennes et himalayennes. Je vous laisse fouiller internet pour découvrir qui était Tulku Urgyen Rinpoche. Bonne quête!
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Here are some images of this place which has become legendary because it gave profound encounters between a multitude of young people from the western world and one of the greatest Tibetan masters, Tulku Urgyen Rinpoche. It was during the hippies time, when the quest for meaning transported minds marked by the Vietnam War, on the Indian and Himalayan roads. I'll let you search the internet to find out who Tulku Urgyen Rinpoche was. Happy searching!
vendredi 17 novembre 2023
mercredi 15 novembre 2023
A propos des « petits miracles »
(The English version follows bellow)
Künsang
Dans le haut véhicule tibétain du Dzogchen, on utilise le mot künsang pour parler de la bonté fondamentale. Notre précieux maître Chokyi Nyima Rinpoché a créé um mot pour parler de la nécessité de développer la gentillesse, de l’importance de reconnecter avec notre bonté fondamentale innée, il parle de “pleine-gentillesse”, “kindfulness” en anglais, comme Tich Nath Han parlait de « pleine-conscience” ou de “mindfulness”. Cette aventure au Népal que nous avons intitulé « Népal à deux » n’aura pas été vécue dans la solitude que connaissent les vieux couples. Ici, pas de silences rivés sur deux écrans de portables, pas de « cellule » privée, pas de « bulle » mettant en dichotomie « nous » et “les autres”. Inspires une fois de plus par les enseignements du Bouddha à travers nos maîtres tibétains, voici notre réflection sur ces “petits miracles” qui se sont manifestés jour après jour, depuis notre arrivé et il nous reste encore 17 jours à traverser, ici, au pied de la chaîne himalayenne.
De la bonté de notre précieux maître
J’aurais pu écrire « de NOS précieux maîtres », puisque c’est de la rencontre de tous ces bouddhas vivants qu’est né l’aspiration profonde de venir ici, dans la région himalayenne, depuis 2001. Vingt-deux ans d’aller-retours entre Montréal et les terres sacrées qui bordent le toit du monde. Chaque Aventure Himalayenne nous aura enrichi, Sylvain tout comme moi, d’un regard intérieur de plus en plus profond. Ainsi, l’aventure merveilleuse de nos précieuses vies prend un sens hors du commun. Comme je l’ai déjà écris, notre cher Chokyi Nyima Rinpoché demandait si souvent des nouvelles de Sylvain que cette présent aventure devait avoir lieu, maintenant ou jamais. Sur la route himalayenne que nous parcourons le premier des « miracles » est celui d’avoir pu le rencontrer pour passer un moment en s compagnie.
De la bonté d’un petit garçon
Depuis notre arrivée, nous n’avions de choix que de passer par un bout de route pavée de briques complètement brisé par le tremblement de terre de 2015, jamais réparée, puis davantage abîmée par les moussons successives. L’autre accès, bouché par des poteaux de métal, comportait un passage possible, mais il était bloqué par une barrière de tôle que le gardien du lieu ne voulait pas ouvrir. Il nous a fallu la présence de notre ami moine, peut-être, mais surtout la bonté et la bienveillance d’un petit garçon de 10 ans qui accompagnait son papa gardien. En nous apercevant, il s’est lancé sur la barrière et s’est mis à chercher le moyen d’enlever le panneau. Son geste empressé et empreint d’attention pour Sylvain, il a rapidement dénoué les cordes qui attachaient les divers éléments de la barrière, puis avec le large sourire du vainqueur pacifique il nous a fait signe de passer. Son papa était tout sourire à son tour, fier de son fils. Je me suis rapidement arrêté au petit magasin qui se trouvait à proximité pour lui acheter une grosse poignée de bonbons et un sac de beignets frits comme les nepalis aiment tant en déguster. Retournant vers lui, j’ai vu de la lumière dans leur yeux. Je lui ai remis les deux sacs en disant « c’est pour ta grande gentillesse, mais aussi pour partager entre vous deux » puis je l’ai serré contre mon cœur et l’ai embrassé sur le front. Quel merveilleux « petit miracle » puisque depuis, nous avons toujours pu accéder à cette entrée sans aucune difficulté. Anecdotiquement, c’est le même petit garçon qui, quelques jours plus tôt, alors que sylvain éprouvait de la difficulté à faire tourner un moulin à prière, lui avait offert si gentiment de le faire pour lui.
Nous espérons bien le revoir pour faire une photo, tous les trois.
De la bonté dans les yeux des gens d’ici
Je suis de jour en jour touché par le regard de bonté et de respect que les vieux tibétains, les moines et les népalais, jeunes et âgés, posent sur Sylvain lorsque nous les croisons. Ils le saluent, mains moites, comme s’il rencontraient leur propre maître. Ici, les lieux accessibles sont rares, mais le regard et l’accueil des gens envers les personnes à mobilité réduite comme Sylvain est toujours rempli de bienveillance et d’empressement à offrir de l’assistance. L’aide peut souvent être maladroite, on ne sait pas trop comment aider, ni comment empoigner le fauteuil pour le hisser dans un escalier, mais le geste n’est jamais hésitant.
Un jour, des dévots venus d’Asie, me voyant descendre le double escalier d’un café avec mon valeureux compagnon sur mon dos m’ont approché avec un large sourire pour me dire “you are such a good man” (vous êtes un homme si bon), ce à quoi j’ai répondu sans hésiter “i am not a good man… i just love him”. Tout le monde a souri et salué Sylvain, mains jointes, comme on salue avec respect dans tout l’Asie.
De la bonté contagieuse de Mathieu Ricard
A chacun de mes séjours ici, certains d’entre vous m’avez demandé « as-tu vu Mathieu Ricard? ». Eh ben c’est plutôt rare de se trouver nez à nez, même avec nos propres amis vivant ici.
Nous sortions justement d’une pause à l’ombre des arbres, sur la terrasse du café adjacent au monastère de Shechen, là où vit le très connu moine français. Sylvain, notre ami moine le Khenpo Kunga Dakpa et moi avancions lentement sur le chemin du retour à nos résidences lorsque nous l’avons aperçu venant dans notre direction. Il n’en fallait pas plus pour engager une petite conversation pendant laquelle le Vénérable Mathieu Ricard nous raconta, amusé, la question que lui avait posé un québécois lors d’une conférence sur la bienveillance qu’il avait donné à Montréal. Le québécois lui avait demandé comment on pouvait être bienveillant quand un « maringouin » venait se poser sur nous pour nous piquer. Il avait appris un nouveau mot pour nommer les moustiques! Je lui ai partagé le fait que vous me demandiez si je l’avais rencontré et nous en avons ris ensemble avant de saisir cette rencontre dans une image mémorable que nous venons partager avec vous.
De la bonté de ceux qui nous suivent…
depuis des royaumes troublés
En venant au Népal depuis la sortie de pandémie, des guerres se sont élevées sur des terres où plusieurs de mes amis de cœur on grandit. Je pense à Israël et à Gaza, à l’Ukraine aussi, sans oublier mes amis russes qui en subissent les conséquences. Il se trouve que j’ai un frère de dharma à Kyiv, mon précieux ami, mon frère Andrey et plusieurs de nos amis de sangha bouddhiste. Depuis le début de ces guerres infâmes et incessantes, les hommes en âge de servir au front sont interdits de voyager à l’extérieur de leurs frontières, même si pour l’instant le « service à la patrie » n’est pas une obligation. À la demande de mon tellement précieux frère, je fais des images, tourne de petites vidéos, puis je les lui envoie.
Hier, il saluait les efforts que je déploie pour faire de ce voyage une aventure inoubliable pour mon bien-aimé compagnon. Comme quoi, même au cœur d’une tempête toujours menaçante, la bonté et la bienveillance se reconnaissent et se reconnectent toujours à travers tous les êtres.
Merci Andrey d’être un frère si fidèle et si aimable. Je prie pour que cette folie qui te retient là où tu es, te contourne et ne t’atteigne jamais. Je prie pour que nous nous retrouvions rapidement, pour célébrer la victoire de la conscience vaste et lumineuse sur l’ignorance aveugle.
Bjang chub sempa sempa kuntuzangpo la tchag tsal lo 🙏🏽✨
De la bonté du grain de sel rose himalayen de Sylvain
Voici deux courts texte que sylvain a écrit ce matin et qu’il souhaitait partager avec vous sur notre blogue-voyage:
« Le bonheur est contagieux et la solidarité la seule voie possible. Il y’a tant de différence à travers ce monde que la seule certitude est notre diversité commune et notre capacité à réaliser que nous sommes plus proches des un et des autres que nous le croyons. Dans cette perspective, chaque petit geste que nous faisons ne peut que globalement nous unir. »
« Il y’a des voyages que nous rêvons, certains que nous imaginons et d’autres uniquement réalisables que par la force des autres. Ce voyage au Népal en est un. Ce grand voyage n’aurait jamais été en mesure de prendre vie sans le profond désir et courage de mon compagnon de longue date. Ce périple est un don de sois, portés par les enseignements bouddhiste et les rencontres riches en apprentissages.
Merci de me porter si haut dans ton cœur et si profondément dans les voies du dharma. Merci de faire de ma vie un rêve et d’un rêve, une réalité ( St-Exupery). »
Kunsang
In the high Tibetan vehicle of Dzogchen, the word künsang is used to speak of basic goodness. Our precious master Chokyi Nyima Rinpoche created a word to talk about the need to develop kindness, the importance of reconnecting with our innate fundamental goodness, he speaks of “kindfulness”, like Tich Nath Han spoke of “full awareness” or “mindfulness”. This adventure in Nepal which we have entitled “Népal à deux” (“Two in Nepal”) will not have been in the solitude experienced by old couples. Here, no silences fixed on two cell phone screens, no private “cell”, no “bubble” creating dichotomy between “us” and “others”. Inspired once again by the teachings of the Buddha through our Tibetan masters, here is our reflection on these “little miracles” which have manifested themselves day after day, since our arrival, and we still have 17 days to go through, here, at the foot of the Himalayan range.
Of the kindness of our precious master
I could have written “of our precious masterS”, since it is from the meeting of all these living Buddhas that the deep aspiration to come here to the Himalayan region was born, in 2001. Twenty-two years of back and forth between Montreal and the sacred lands that border the roof of the world. Each Himalayan Adventure will have enriched us, Sylvain as well as me, with an increasingly deep inner look. Thus, the wonderful adventure of our precious human lives takes on an extraordinary meaning. As I have already written, our dear Chokyi Nyima Rinpoche asked for news of Sylvain so often that this present adventure had to take place, now or never. On the Himalayan route we are traveling the first of these “little miracles” is that of being able to meet him, to spend a moment in his company.
Of the kindness of a little boy
Since our arrival, we had no choice but to pass through a stretch of brick-paved road completely broken by the 2015 earthquake, never repaired, then further damaged by successive monsoons. The other access, blocked by metal poles, had a possible passage, but it was shielded by a double tole barrier that the guardian of the place did not want to open. We needed the presence of friend Khenpo la, perhaps, but above all the kindness and benevolence of a little 10 year old boy who accompanied his dad spending his day at the gate.
When he saw us, he jumped on the barrier and started looking for a way to remove the signs. His gesture was eager and full of attention for Sylvain, he quickly untied the ropes which attached the various elements of the barrier, then with the broad smile of the peaceful warrior he waved us through. His dad was all smiles, proud of his son. I quickly stopped at the small store nearby to buy him a big handful of sweets and a bag of fried donuts like the Nepalese love to eat. Returning to him, I saw light in their eyes. I gave him the two bags saying “this is for your great kindness, but also to share between you two”, then I hugged him against my heart and kissed him on the forehead. What a wonderful “little miracle”! Since then we have always been able to access this entrance without any difficulty. Anecdotally, it is the same little boy who, a few days earlier, when Sylvain was having difficulty turning a prayer wheel, had so kindly offered to turn it for him.
We hope to see him again to take a photo, all three of us.
Of the Kindness in the eyes of the peoples of here
I am touched day by day by the look of kindness and respect that the old Tibetans, the monks and the Nepalese, young and old, give to Sylvain when we come across them. They greet him, hands folded, as if they were meeting their own master. Here, accessible places are rare, but the way people look at people with reduced mobility like Sylvain is always filled with kindness and eagerness to offer assistance. The help can often be clumsy, as they don't really know how to help, or how to grab the chair to lift it up a flight of stairs, but the gesture is never hesitant.
One day, devotees from Asia, seeing me coming down the double staircase of a café with my valiant companion on my back, approached us with a broad smile to tell me “you are such a good man”, to which I responded without hesitation “i am not a good man… I just love him”. Everyone smiled and greeted Sylvain, hands joined, as we greet with respect throughout Asia.
Of the contagious kindness of Mathieu Ricard
During each of my stays here, many asked me “have you seen Mathieu Ricard?” ". Well, it’s quite rare to come face to face, even with our own friends living here.
We were just coming out of a break in the shade of the trees, on the terrace of the café adjacent to the Shechen monastery, where the well-known French monk lives. Sylvain, our monk friend Khenpo Kunga Dakpa and I, were moving slowly on the way back to our residences when we saw him coming in our direction. It was enough to start a little conversation during which the Venerable Mathieu Ricard told us, amused, the question that a Quebecer had asked him during a conference on benevolence that he had given in Montreal. The Quebecer asked him how we could be kind when a “maringouin” came to land on us to bite. He had learned a new word for mosquitoes! I shared with him the fact that you asked me if I had met him and we laughed about it together before capturing this meeting in a memorable image that we are happy to share with you.
Of the kindness of those who follow us…
from troubled lands
Coming to Nepal since the end of the pandemic, wars have arisen in lands where several of my close friends grew up. I think of Israel and Gaza, of Ukraine too, without forgetting my Russian friends who are suffering the consequences. I have a dharma brother in Kyiv, my precious friend, my brother Andrey, and several of our Buddhist sangha friends. Since the beginning of these infamous and incessant wars, men old enough to serve at the front have been prohibited from traveling outside their borders, even if for the moment “service to the homeland” is not an mandatory to all. At the request of my precious brother, I take images, shoot short videos, then I send them to him.
Yesterday, he praised the efforts I am doing to make this trip an unforgettable adventure for my beloved companion. It shows that, even from the eye of an ever-threatening storm, goodness and benevolence are always recognized and reconnected through all beings.
Thank you Andrey for being such a loyal and kind brother. I pray that this madnesse that keeps you where you are, bypasses you and never reaches you. I pray that we meet again soon, to celebrate the victory of empty-luminous consciousness over blind ignorance.
Bjang chub sempa sempa kuntuzangpo la tchag tsal lo 🙏🏽✨
Of the Kindness of Sylvain’s pinch of pink Himalayan salt
Here are two short texts that Sylvain wrote this morning and that he wanted to share with you on our travel blog:
“Happiness is contagious and solidarity is the only possible path. There is so much difference in this world that the only certainty is our common diversity and our ability to realize that we are closer to each other than we believe. From this perspective, every small gesture we make can only unite us overall. »
“There are journeys that we dream of, some that we imagine and others that are only achievable through the strength of others. This trip to Nepal is one of them. This great journey would never have been able to come to life without the deep desire and courage of my long-time companion. This journey is a gift of self, carried by Buddhist teachings and encounters rich in learning.
Thank you for carrying me so high in your heart and so deep on the paths of dharma.”
“Thank you for making my life a dream, and dream a reality” (St-Exupery).
De l’automne à l’hiver Dernière lettre de l’aventure « Népal à deux 2023 » Le décalage , ou plutôt le ‘recalage’, nous a demandé au...
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Bienvenue dans notre journal d’aventure ! Welcome into our travel log (English will follow ) Au moment d’écrire cette première lettre...







































































