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samedi 11 novembre 2023

Par dizaines / By ten

 La Dizaine d’Abondance


Si nous pouvions compter les semaines par dizaines, la première fut celle de l’adaptation, la seconde celle de l’abondance. Il nous reste encore deux dizaines et demie, soit 25 jours avant notre vol de retour au pays des hivers neigeux.



Funérailles Bouddhistes pour l’ami Louis


Au printemps 2020, peu après son retour de Shanghaï où il préparait un gros show avec le Cirque du Soleil, notre ami Louis a été frappé (c’est peu dire) par un fulgurant cancer au cerveau. En un mois, notre amie Claire se retrouvait veuve, à 57 ans. Nous étions tous atterrés.

Comme si la pandémie de covid 19 qui faisait rage sur la planète n’avait pas assez ébranlé tout le monde.  Louis avait rêvé et préparé un voyage avec sa douce, mais les circonstance firent qu’ils n’auront pas eu la chance d’aller au Tibet comme il l’avait tant souhaité. Au cours de l’été j’avais proposé à notre chère Claire d’apporter une portion des cendres contenant des fragments d’os de Louis, afin de lui offrir un rite funéraire Bouddhiste Tibétain, lors de ma prochaine Aventure Himalayenne. L’idée avait fait son chemin et lorsqu’elle nous a demandé si elle pouvait faire partie de notre présent séjour au Népal, ce fut spontanément facile de dire  « ouiiii! »


Avant notre départ pour Pokhara, il y a deux semaines, nous sommes allés porter les cendres au monastère Ka Nying Shedrub Ling, lieu de résidence de notre maître Tibétain. À notre retour, le 3 novembre dernier, on nous remettait les précieux tsa-tsas que les moines avaient pu fabriquer lors d’un rituel spécial, contenant les fragments d’os de notre bienaimé Louis. Ce fut un moment fort en émotion pour notre amie.  On ne se remet pas rapidement d’un pareil départ, et en plus, Louis touchait tout à coup au Tibet d’une manière inespérée.


Le 5 novembre au matin, nous entrions tous les trois…, tous les quatre, dans un petit monastère Guélugpa, lié au Dalaï-Lama, pour assister à deux cérémonies différentes: une longue « puja » d’une heure et demie, pendant laquelle les moines ont chanté un très long texte pour la libérations des êtres, incluant une attention spéciale pour Louis; puis une seconde, une « puja de feu » (ou cérémonie d’offrande au feu), au cours de laquelle une image de Louis et une prière spéciale, écrite pour lui par le grand moine du monastère, fut déposée dans les flammes avec de multiples offrandes. Pour une journée entière, le temps s’est presque « arrêté » pour ceux que Louis avait laissé derrière. Deux jours plus tard, Claire s’offrait un vol panoramique au-dessus de l’Everest et de la Chaîne Himalayenne. Le voyage « au Tibet » était réalisé!




À la rencontre de notre précieux Maître


Je l’ai déjà raconté, depuis l’automne 2017 Chokyi Nyima Rinpoché m’avait à maintes reprises demandé des nouvelles de Sylvain, me rappelant sa responsabilité spirituelle envers lui. Lors du dernier séminaire, en novembre 2022, je lui avais promis « je vais le ramener l’an prochain ».


Mardi dernier, après avoir appelé Chimé Lama qui est l’attendant de Rinpoché, pour obtenir un rendez-vous, nous étions enfin prêt de notre but. Aidé par quelques amis pour porter le fauteuil de Sylvain jusqu’au troisième étage du grand monastère, c’est sur mon dos que mon précieux compagnon a monté les six longs escaliers qui mènent à la pièce où notre cher maître reçoit quelques invités, lorsqu’il est présent. Ce jour là, il distribuait des vêtements et de la nourriture aux personnes handicapées des environs, leur chantant des mantras et leur offrant des paroles rassurantes. Rinpoché est un grand bodhisattva! 

Nous l’avons attendu, en compagnie d’une dizaine d’autres membres de notre grande sangha, pendant plus d’une heure. Lorsqu’il a enfin franchi le seuil de la porte du petit salon attenant à sa chambre, il a salué tout le groupe, puis en apercevant Sylvain il s’est exclamé « You?! » Joyeux de revoir celui pour qui il m’avait dit «Now I am responsable of him! Please tell him! » (Maintenant, je suis responsable de lui! S’il te plait, dis-lui! ». Nous avons à tour de rôle offert un kata (ce foulard de soie qu’on présente à nos maîtres et qu’ils nous repassent autour du cou en guise de bénédiction), puis il nous a invité à prendre le repas du midi avec lui. Les moines sont rentrés avec des plateaux garnis d’aliments savoureux, fraîchement cuisinés pour Lui et pour nous. Rinpoché, avec son immense attention qu’il porte autres, a demandé aux moines d’installer une petite table spécialement pour Sylvain et moi, afin que nous puissions plus facilement accéder à nos assiettes. Parmi notre petite assemblée, il y avait une vieille dame et sa famille qui avait pris soin de Rinpoché lorsqu’il était enfant et il nous racontait qu’il allait voler le fromage qu’elle mettait à sécher sur le bord de sa fenêtre, tellement il était espiègle. Tous ensemble nous avons bien rigolé de cette coquinerie.


Après le dîner, Rinpoché nous a tous invité à quitter afin le laisser seul avec certains invités avec lesquels il devait s’entretenir. Avant de quitter, je suis allé vers lui pour lui demander s’il voulait bien faire une photo en compagnie de nous deux. « C’est sans doute la dernière fois que Sylvain vous rencontre, vue son état de santé » lui ai-je dit. « Ne t’en fais pas, nous allons nous revoir à nouveau », m’a-t’il répondu. Je n’ai aucun doute qu’il disait vraie!

Il nous a béni comme les grands maîtres le font dans la tradition tibétaine,en touchant nos têtes avec un texte sacré, puis une petite effigie du Bouddha qu’il a apporté du Tibet, lors de sa fuite de l’occupation chinoise, au cours de son enfance. Je lui ai demandé la permission de traduire son dernier livre en français, puis il m’a répondue « nous allons en parler ». Le temps fera son oeuvre.


Par les bénédictions de notre maître, par la volonté du porteur et comme me l’a dit notre amie Tina, par beaucoup de bonté, la promesse fut remplie. Le premier nom d’origine Tibétaine que j’ai reçu est Thundup, « celui qui atteint son but ». C’est l’histoire de ma vie lorsque je repense à tout ce à quoi j’ai aspiré.


Je retournerai peut-être à la rencontre de mon maître, le 17 novembre prochain, en compagnie de mon ami tibétain, le Khenpo Kunga Dakpa (Khenpo Nawang Namgyal) du monastère de Mindroling, à Dehradun, en Inde du Nord. À suivre…




Une visite au Monastère où vit Matthieu Ricard 

et un moment de grande émotion au Monastère de Kopan



Nous habitons dans un petit hôtel adjacent à un monastère Karma Kagyu, situé à quelques minutes à pied de celui où réside le très connu moine Français Mathieu Ricard. Après le tremblement de terre de 2015 le temple principal avait dû  être reconstruit. Nous y sommes entrés, Claire et moi, pour saisir quelques images des artistes peintres, grimpés sur de hauts échafaudages, à garnir les murs de leurs oeuvres. Pendant ce temps là, petits moines jouaient au ballon dans la cour arrière. La paix qui règne dans ces lieux se retrouve sur les visages de ces enfants au bon karma. Éduqués, bien nourris et entourés d’attention par les moines plus âgés, ils ont la chance de grandir sans souffrir des carences que tant d’autres enfants subiront dans les rues de Kathmandu. 



Kopan

C’est en novembre 2006, au monastère de Kopan, que Lama Zopa Rinpoche me donna les voeux de refuge qui marquent l’entrée officielle dans la voie du Dharma. C’est là que je me suis rendu pour une seconde retraite d’introduction à la voie bouddhiste d’un mois, en 2008, l’année de mes cinquante ans. Jusqu’en 2022, j’y suis retourné au deux ans, pour assister aux derniers jours de la retraite enseignés par Lama Thubten Zopa Rinpoché, un autres des grands maîtres de notre époque que le Dalaï Lama a souvent accueillis comme l’un de ses précieux « fils ». Lama Zopa fut mon premier maître, mais c’est surtout Lama Lhundrup, l’abbé de Kopan, qui aura été mon guide principal jusqu’à son départ, en 2011.


Au printemps dernier, nous étions tous ébranlés d’apprendre que notre précieux Lama Zopa, un être d’une rare bienveillance, venait de nous quitter à son tour, ayant subit un problème cardiaque alors qu’il visitait un village en haute altitude.  Rinpoché ne souhaitait pas que son corps soit brulé, mais plutôt embaumé à la manière de certains grands maître comme lui, c’est-à-dire enveloppé dans des sels qui tirent l’humidité de son corps afin qu’il ne se dégrade pas.  Il est ainsi conservé dans un stupa spécialement conçu pour cela et les sels sont régulièrement renouvelés.


En entrant dans la petite pièce où il est préservé, entouré de lumières, d’offrandes et de multiples statues et objets rituels, je n’ai pas pu empêcher une émotion intense de monter en moi. La gratitude me remplissait. Il était là, devant moi, présent en photos sur les quatre faces du stupa, mais son regard était vivant et pénétrant. Le moine présent dans la pièce m’a remis de petites enveloppes contenant des sels récemment enlevés. Précieux trésors que je rapporterai sur mes autels, au Québec. Le lama est venu vers moi, m’accueillant dans cette émotion en me disant « Plusieurs de ses anciens élèves ont la même réaction que toi en entrant ici. Ne t’en fais pas ». Lama Thubten Zopa fut à la fois ma mère et mon père en ce jour de novembre 2006, me donnant naissance dans une autre vie qui m’a vue m’épanouir. Je lui dois un important bout de chemin.



Trois autres semaines à venir


Notre chère amie Claire est partie aujourd’hui, laissant un espace vide dans ce 10 novembre 2023. Ce soir, à 20:45, je débuterai une retraite de quatre jours avec Mingyur Rinpoché, via Internet. Ce sera un défi a relever puisque la retraite est organisée dans le créneau horaire de New-York et se dérouleront en grande partie au cours de la nuit.


Ce soir aussi, mon ami Khenpo Kunga arrivera de l’Inde pour se joindre a nous tout au long des 2 prochaines semaines, puis jeudi prochain ce sera notre ami Daniel qui s’installera au même guesthouse que Khenpo La, jusqu’à la fin de notre séjour.


Je reviendrai vous raconter la suite, mais pour le moment je vous laisse sur les plus belles images que j’ai pu faire au fil de notre aventure des dix derniers jours, depuis notre retour de Pokhara. Savourez!


P.S: Je vous avais dis que ce voyage serait remplis de petit « miracles de volonté » ? Je vous  raconterai éventuellement, question de vous garder en appétit! 😁







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Weeks of ten days 


If we could count the weeks by ten days at the time, the first was that of adaptation, the second that of abundance. We still have two and a half decades left, or 25 days before our flight back to the land of snowy winters.



Buddhist funeral for Louis


In the spring of 2020, shortly after his return from Shanghai where he was preparing a big show with the Cirque du Soleil, our friend Louis was struck down (to put it simply) by a devastating brain cancer. In one month, our friend Claire became a widow, at 57. We were all devastated.

As if the covid 19 pandemic that was raging across the planet had not shaken everyone enough. Louis had dreamed and prepared a trip with his sweetheart, but circumstances meant that they did not have the chance to go to Tibet as he had so deeply wished. During the following summer I suggested to our dear Claire to bring a portion of the ashes containing fragments of Louis' bones, in order to offer him a Tibetan Buddhist funeral ritual, during my next Himalayan Adventure. The idea had caught on and when she asked us if she could be part of our coming journey in Nepal, it was spontaneously easy to say “yesss! »


Before our departure for Pokhara, two weeks ago, we brought the ashes to the Ka Nying Shedrub Ling monastery, the main residence of our Tibetan master. On our returrn, on November 3, we were given the precious tsa-tsas containing the bone fragments of our beloved Louis, that the monks made during a special ritual. It was a very emotional moment for our friend. You don't recovers quickly from such a departure.  Louis suddenly touched Tibet in an unexpected way.



On the morning of November 5, the three of us ...  mmmm.. the FOUR of us entered a small Gelugpa monastery, linked to the Dalai Lama, to attend two different ceremonies: a long "puja" of an hour and a half, during which the monks sang a very long text for the liberation of beings, including special attention for Louis; then a "fire puja" (or fire offering ceremony), during which an image of Louis and a special prayer written for him by the high lama of the monastery, was placed in the flames along with multiple offerings. For an entire day, time was suspended for those Louis had left behind. Two days later, Claire took a panoramic flight over Everest and the Himalayan Range. The trip “to Tibet” was accomplished by the power of Louis’s dream!




Meeting our precious Master


I have already told you that since the fall of 2017 Chokyi Nyima Rinpoche had repeatedly asked me about Sylvain, reminding me of his spiritual responsibility towards him. During the last seminar, in November 2022, I promised him “I will bring Sylvain back next year”.


Last Tuesday, after calling Chime Lama who is Rinpoche's attendant, to obtain an appointment, we were finally ready to meet. Helped by a few friends to carry Sylvain's wheelchair up to the third floor of the great monastery, it was on my back that my precious companion climbed the six long stairs which lead to the room where our dear master receives a few guests when he is present. That day, he distributed clothes and food to the disabled people of the surrounding area, chanting mantras and offering reassuring words to them. Rinpoche is a great bodhisattva!



We waited for him, along with around ten other members of our great sangha, for over an hour. When he finally crossed the threshold of the door of the small living room adjoining his bedroom, he greeted the whole group, then seeing Sylvain he exclaimed “You?! » Happy to see again the one for whom he told me “Now I am responsible for him! Please tell him! »  We took turns offering a kata (this silk scarf that we present to our masters and which they pass around our neck as a blessing), then he invited us to have lunch with him. The monks returned with trays filled with tasty food, freshly cooked for Him and for us. Rinpoche with his immense attention, he cares so much for others, asked the monks to set up a small table especially for Sylvain and me, so that we could more easily access our plates. Among our small assembly, there was an old lady and her family who had taken care of Rinpoche when he was a child and he told us the story that he was going to steal the cheese she put to dry in the sun, on the edge of her window. We all laughed together at this “naughty” act.


After dinner, Rinpoche invited us all to leave him alone with certain guests with whom he had to talk. Before leaving, I went up to him to ask if he would like to take a photo with the two of us. “This is probably the last time Sylvain will meet you, given his decreasing condition” I told him. “Don’t worry, we’ll see each other again,” he replied. 

I have no doubt that he was telling the truth! 


He blessed us as the great masters do in the Tibetan tradition, by touching our heads with a sacred text, then a small effigy of the Buddha that he brought from Tibet, when the family escaped from Chinese occupation, during his childhood. I asked him for permission to translate his latest book into French, to which he replied “we’re going to talk about it”. 

Time will do its work.


By the blessings of our master, by the good will of the bearer and as our friend Tina told me, by much kindness, the promise was fulfilled. The first name of Tibetan origin I received was Thundup, “he who achieves his goal”. This is the story of my life as I look back on everything I have aspired to.



I will perhaps return to meet my master on November 17, in the company of my Tibetan friend, Khenpo Kunga Dakpa (Khenpo Nawang Namgyal) from the Mindroling monastery in Dehradun, in North India. To be continued…




A visit to the Monastery where Matthieu Ricard lives

and a moment of great emotion at the Kopan Monastery



We live in a small hotel adjacent to a Karma Kagyu monastery, located a few minutes walk from the one where the well-known French monk Mathieu Ricard resides. After the 2015 earthquake the main temple had to be rebuilt. We entered there, Claire and I, to capture some images of the painters, climbing on high scaffolding, adorning the walls with their works. Meanwhile, little monks were playing ball in the backyard. The peace that reigns in these places can be seen on the faces of these children with good karma. Educated, well-fed and surrounded by attention from older monks, they have the chance to grow up without suffering from the deficiencies that so many other children will experience in the streets of Kathmandu.



Meeting Lama Zopa Rinpoche


It was in November 2006, at the Kopan monastery, that Lama Zopa Rinpoche gave me the refuge vows which mark the official entry into the path of Dharma. This is where I went in 2008 for a second month-long retreat course, introducing us into the Buddhist path, the year I turned fifty. Until 2022, I returned there every second years to attend the last days of the retreat taught by Rinpoche who was another great master of our times, whom the Dalai Lama often welcomed as one of his precious “son”.  Lama Zopa was my first master, but it was above all Lama Lhundrup, the abbot of Kopan, who was my main guide, giving me the ngöndro practices (preliminary practices), until his departure in 2011.


Last spring, we were all shocked to learn that our precious Lama Zopa, a being of rare benevolence, had just left us, having suffered a heart problem while visiting a village at high altitude. Rinpoche did not want his body to be burned, but rather embalmed in the manner of certain great masters like him, that is to say wrapped in salts which draw moisture from it so that it does not deteriorate. The body is thus preserved in a stupa specially designed for this and the salts are regularly renewed.


As I entered the small room where he is preserved, surrounded by lights, offerings and multiple statues and ritual objects, I could not stop an intense emotion from rising within me. Gratitude filled me. He was there, in front of me, present in photos on the four sides of the stupa, but his gaze was alive and penetrating. The monk in the room gave me small envelopes containing recently removed salts. Precious treasures that I will bring back to my altars in Quebec. The lama came to me, welcoming me with this emotion, saying, “Several of his former students have the same reaction as you upon entering here. Do not worry ". Lama Thubten Zopa was both my mother and my father on that day in November 2006, giving birth to me in another life that saw me flourish. I owe him a big debt.



Three more weeks to come


Our dear friend Claire left today, leaving an empty space on November 10, 2023. Tonight, at 8:45 pm, I will begin a four-day retreat with Mingyur Rinpoche, via the Internet. This will be a challenge since the retreat is organized in the New York time schedule and will take place largely during the night.


This evening too, my friend Khenpo Kunga will arrive from India to join us throughout the next 2 weeks, then next Thursday it will be our friend Daniel who will stay at the same guesthouse as Khenpo La, until the end of our stay.


I will come back to tell you what happens next, but for the moment I will leave you with the most beautiful images that I was able to take during our adventure of the last ten days, since our return from Pokhara. Enjoy!


P.S: Did I tell you that this trip would be filled with little “miracles of will”? I'll tell you about it eventually, just to keep you watching for the next publication ! 😁






















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