(Les lettres sont affichées en ordre de publication / Letters are published in order of publication

lundi 30 octobre 2023

S’adapter

    La plus grande qualité que nous avons, nous les « êtres sensibles », c’est la capacité d’adaptation quand les situations et les événements sont « obligeants ». 


Voici enfin la première lettre à destination. Il nous aura fallu une bonne semaine avec tous ces jours de voyage ent, avant de trouver un moment idéal pour écrire. 


Nous voilà donc  rendus à Pokhara, sur la rive nord du lac Phewa et sur les contreforts de la chaîne Himalayenne. Nous décantons lentement la fatigue accumulée et le stress des nombreux défis qu’imposent tous ces déplacements de la première semaine. Pas facile pour Sylvain, pas plus pour celui qui l’accompagne. Je dis toujours que 10% de challenge pour lui devient 15% pour celui qui prend le vent, au-dessus, derrière.


Les transfères entre les aéroports, les embarquements-débarquements, surtout sur les vols intérieurs, demandent énormément de patience, de force et de nerf. Ici, au Népal, le personnel des aéroports et des compagnies d’aviation n’est formé que très sommairement à assister des personnes âgées ou moindrement handicapés. Quand vient le moment de transférer une personne à mobilité et à capacités réduites, ils font simplement … 

comme avec les sacs de farine!


Les surfaces sur lesquelles nous nous déplaçons sont rarement plates et elles nécessitent un roulement sur deux roues. Imaginez-vous poussant un diable chargé d’un poids de 70 kilos (155 livres), sur des chemins de briques remplis de nid-de-poule et de panses-de-vache! Pauvre diable (..pauvre Sylvain). 


Jour après jours, je me fabrique des bras, je m’oblige à rentrer le ventre et j’apprends à conjuguer avec les tendinites. Ça m’a permis de découvrir qu’Advil offre des combinaisons d’ibuprofène et d’acétaminophène. Voilà pour les routes et je ne vous raconte même pas pour les trottoirs, lorsqu’ils existent ils sont rarement accessibles et continus.


Chacun notre tour, nous avons eu de petits symptômes de grippe. J’ai même pensé avoir contracté une covid le jour de notre arrivée à Kathmandou, mais le test s’est avéré négatif. C’est sylvain qui a eu les plus longs effets: toux, courbatures, fatigue, maux de gorge et nez enchifrené pendant quatre jours. Notre chère amie Claire s’en est pour sa part bien sortie.



Comme rentrer chez-nous


Le taxi nous a déposé à notre hôtel peu de temps après notre arrivée. Le seul obstacle en entrant au Népal: ma dernière sortie du pays, le 21 décembre dernier (2022), n’avait pas été marquée par l’estampe nécessaire de l’agent des douanes Népalais. Sylvain venait tout juste de recevoir son visa sans difficulté, il était rapidement rentré au pays car nous avions pré-rempli le formulaire de demande de visa avant de quitter Montréal. Il faut savoir que le droit de séjour le plus long étant de 90 jours, c’est comme si j’avais outrepassé la limite permise de plus de dix mois. Imaginez le visage du douanier! Imaginez le petit frisson sur le mien!  Le superviseur s’est amené, ils se sont parlés, j’ai montré mes photos de départ de l’année dernière, puis le patron m’a rassuré: « It is not your fault sir! Don’t worry. »

Les gens sont bons ici.  


Je suis donc rentré à mon tour et nous avons rapidement trouvé taxi, chemin et hôtel. Tout était « presque » parfait. Ici et là, Il y aura toujours quelques marches, quelques plateformes et quelques obstacles à surmonter. L’hôtel Dolmaling est magnifique. Cependant, la première chambre offerte contenait une douche, dans un bain, mais la bordure épaisse de la baignoire permet à mon homme de s’asseoir et à moi de l’aider à se rapprocher de la douche-téléphone. Cette chambre était un remplacement « de luxe » pour un soir, parce que la chambre prévue n’était pas prête. Nous devions prendre une chambre standard, mais la salle de bain et les espaces de mouvements se sont avérés insuffisants. C’était un défi trop grand pour nous deux. Je comprend tellement mon précieux compagnon dans ces moments d’inconforts extrêmes, car nous en partageons les désagréments chacun à notre manière. Nous sommes retournés dans la chambre « de luxe » et nous y resteront jusqu’à la fin.


Nous réalisons tous les trois que nous avons pris des années et que l’âge d’Or de nos vies est bel et bien commencé. Il nous faut apprendre à adopter un nouveau rythme, à nous accorder plus de repos et à être plus cléments l’un pour l’autre lorsque le stress s’élève.


Le moment le plus beau, dès le premier instant de notre arrivée à Bodhanath, fut d’entendre Sylvain me dire « je suis tellement content, juste d’être là » ! C’était comme rentrer chez-nous.



Pokhara et la Chaîne Himalayenne


La ville de Pokhara, à 25 minutes de vol de Kathmandou, est maintenant dotée d’un aéroport international immense.  Don de la Chine, au grand déplaisir de l’Inde qui refuse d’y faire atterrir ses vols. Le Népal est situé entre Dieu et Diable, ça n’est jamais parfait lorsque le Népal prend une décision favorisant l’un ou l’autre. Je vous laisse deviner qui incarne « Dieu » et qui incarne « Diable » et je crois même que ça doit varier… selon l’offre ou l’humeur des uns et des autres.


Le petit hôtel que j’avais trouvé l’an dernier est lui aussi « presque parfait », à part quatre bonnes marches à monter, à reculons, avec « canard » dans son fauteuil à roues. Après une bonne fatigue d’une journée d’activités, ça demande beaucoup de bonne volonté et d’huile de joint dans les bras.


Je vous éviterai les détails de cette première semaine, vous offrant maintenant des images plus évocatrices que les mots:





















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Adapting

The greatest quality we “sentient beings” have is the ability to adapt when situations and events are challenging.


Here is finally the first letter from destination. It took us a good week with all these days of traveling before we found an ideal time to write.


We are in Pokhara, on the northern shore of Lake Phewa and on the foothills of the Himalayan range. We slowly decant the accumulated fatigue and the stress imposed by all the travelling during the first week. Not easy for Sylvain, nor for the one accompanying him. I always say that 10% of challenge for him becomes 15% for the the second one who takes the wind, above, behind.


Transfers between airports, boarding and disembarking, especially on domestic flights, require a lot of patience, strength and nerve. Here in Nepal, airport and airline staff are only minimally trained to assist elderly or moderately disabled people. When the time comes to transfer a person with severely reduced mobility and capacities, they simply do...

like they would do with flour bags!


Here the surfaces we move on are rarely flat and require rolling on two wheels. Imagine pushing a trolley weighing 70 kilos (155 pounds) on brick paths filled with holes and bumps! Poor Sylvain. 


Day after day, I build arms, I force myself to tuck in my stomach and I learn to deal with tendinitis. This allowed me to discover that Advil offers combinations of ibuprofen and acetaminophen. That's for the roads, and I'm not even telling you about the sidewalks, when they exist they are rarely accessible and continuous.


Each of us had flu symptoms. I even thought I had contracted covid the day we arrived in Kathmandu, but the test came back negative. It was Sylvain who had the longest effects: cough, aches, fatigue, sore throat and sore nose for four days. Our dear friend Claire did well.



Like coming back home

The taxi dropped us off at our hotel shortly after arrival. The only obstacle when entering Nepal : my last exit from the country, on December 21 (2022), had not been marked by the necessary stamp from the Nepalese customs agent. Sylvain had just received his visa without difficulty, he quickly entered because we had pre-filled out the visa applications form before leaving Montreal. You should know that the longest allowance of stay being 90 days, it was as if I had exceeded the permitted limit by more than ten months. 

    Imagine the face of the customs officer ! Imagine the little thrill on mine! The supervisor came, they spoke, I showed my departure photos from last year, then the boss reassured me: “It is not your fault sir! Do not worry’’.

People are good here.


    After receiving my visa, we quickly found a taxi, the right way, and the hotel. Everything was “almost” perfect. Here and there, there will always be a few steps, a few platforms and a few obstacles to overcome. The Dolmaling Hotel is magnificent. However, the first room offered contained a shower, within a bath, but the thick rim of the bathtub allowed my beloved one to sit, and myself to help him get closer to the shower. This room was a "luxury" replacement for one evening. We were supposed to take a standard room, but the bathroom and space proved insufficient to move in. It was too big a challenge for both of us. 

I understand my precious companion so much in these moments of extreme discomfort, because we share the inconveniences in our own respective way. We returned to the “deluxe” room and will stay there until the end.


All three of us realize that we have taken years and that the Golden Age of our lives has  undoubtedly begun. We need to learn to adopt a new rhythm, to give ourselves more rest and to be more lenient to each other when stress rises.


The most beautiful, from the first moment of our arrival in Bodhanath, was hearing Sylvain telling me “I’m so happy, just to be here”! It was like coming back home.



Pokhara and the Himalayan Range

The city of Pokhara, a 25-minute flight from Kathmandu, now has a huge international airport. Gift of China, to the great displeasure of India which refuses to land its planes there. Nepal is located between God and evil, it is never perfect when Nepal makes a decision favoring one or the other. I'll let you guess who embodies "God" and who embodies "Evil" and I even believe that it must vary... depending on the offer or the even the moods.


The small hotel I found in Pokhara last fall is also “almost perfect”, apart from four good steps to climb, backwards, with « canard » (Duck) in his wheelchair. After being very tired from a day of activities, it requires a lot of good will and joint oil in the arms and legs.


I will spare you the details of this first week to offer you images that are more evocative than words:














mardi 24 octobre 2023

En route




We touched down in Delhi around 9:45 PM last night Delhi time. 14:30 flight, 9:30 time difference, an excellent flight, but as Regiani sang “Ah how long the journey is, for a boy of my age”.

We returned to the Ibis in Aerocity, very close to Indira Ghandi airport and with a good five hours of sleep, we are “fresh and refreshed” for the last day of travel. It's almost 7:00 am here and in three hours a taxi will take us back to the international terminal for the Vistara flight to Kathmandu.

We touched down in Delhi around 9:45 PM last night Delhi time. 14:30 flight, 9:30 time difference, an excellent flight, but as Regiani sang “Ah how long the journey is, for a boy of my age”.

          Nous avons touché le sol de Delhi vers 21:45 hier soir, heure de Delhi.  14:30 de vol, 9:30 de décalage, un excellent vol, mais comme le chantait Regiani « Ah comme il est long le voyage, pour un garçon de mon âge ».

Nous sommes rentrés à l’Ibis dans Aerocity, tout près de l’aéroport Indira Ghandi et avec cinq bonnes heures de sommeil, nous sommes « fripés et dispos » pour la dernière journée de voyage. Il est presque 7:00 am ici et dans trois heures un taxi nous ramènera au terminal international pour le vol Vistara vers Kathmandou. 

     



vendredi 20 octobre 2023




 Phewa Tal / Lac Phewa / Phewa lake
Pokhara

27 oct - 3 nov
Un aperçu 
A glimpse 

La Grande Envolée

 Derniers Préparatifs

Depuis une dizaine de jours, les minutes semblent durer moins longtemps. Ce n’est qu’une illusion créée par le reflux de toutes ces petites choses qui restent à faire avant le départ du 23. 

Les vaccins, les prescriptions, les aller-retours fatigants sur Montréal et sur Knowlton, les rendez-vous professionnels de Sylvain, les bagages et tous les petits détails qu’il ne faut surtout pas oublier, font tourner les engrenages de l’horloge des aventuriers… à folle allure.

Des étincelles de mémoire de chacune de mes précédentes Aventures Himalayennes depuis 2001 remontent à la surface et j’ai eu envie de partager avec vous une entrevue-portrait que l’animatrice Radio-Canadienne Isabelle Craig faisait avec moi dans le cadre de son émission “Pas Banale La Vie”, il y a quelques étés de cela. 

Voici le lien:

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/pas-banale-la-vie/segments/reportage/30319/ladakh-inde-bouddhisme-raymond-philippe


Les Hauts et les Bas de l’aventure

Mes pratiques méditatives principales parmi les nombreuses écoles du Bouddhisme Tibétain s’appellent Mahamudra (Grand Sceau) et Dzogchen (Grande Perfection). Dans ces deux voies, l’attention est portée sur la nature de l’esprit de celui même qui les pratique. C’est un chemin de reconnaissance de sa propre nature qui ne cherche pas à s’éloigner des bas, ni à s’accrocher dans les hauts de la vie. Bien au contraire, les hauts et les bas lui servent d’outil pour reconnaître sa propre nature telle qu’elle est, c’est-à-dire toujours parfaite dans son “ainsi-té”. La conscience pure, toujours vaste et claire qui n’a besoin de rien pour reconnaître la nature de tous les phénomènes. Aussi,  On apprendra très tôt que le chemin vers la dite “réalisation” passe par des fluctuations d’états.

Il existe une très belle métaphore dans le Mahamudra pour illustrer l’importance des hauts et des bas. On dit que pour se rendre de la province du Kham vers la ville de Lhassa, il faut monter et descendre à maintes reprises. Chaque col est épuisant à franchir, chaque vallée (reposante et parfois verte) est remplie de ruisseaux où s’abreuver. Mais à chaque montée difficile, comme à chaque descente, on se rapproche de plus en plus près du but. Cette métaphore sur la voie de l’éveil me rappelle mon premier séjour Himalayen. Ç’en fut tout un! 

En 25 jours de trek, je parcourai le Chan Tang, ce Haut Plateau Himalayen qui, au Ladakh, est traversé par deux hautes chaînes de montagnes, puis nous mène aux pieds de la chaîne Himalayenne. 25 jours de montées exténuantes et de descentes parfois toutes aussi épuisantes.

Je me souviens de moments d’extases lorsque, seul, je marchais sur le Haut Plateau entre les géants de pierre, la peau brûlée par Le Soleil, à plus de 5000 mètres. Je venais de perdre mon père peu de temps avant, mais jamais sa présence ne s’était si manifestement révélée que dans cette immensité aux dimensions qui commandent le respect et inspirent au recueillement. Puis, au bout de cette haute plaine, soudain se révélait un enfoncement que je pénétrai, accompagné d’un torrent de pluie qui formait des rivières soudaines qu’il me fallut traverser, les bottes attachées au cou, pour reprendre rapidement la prochaine montée. Le froid soudain obligeait à se revêtir d’avantage et le sentier devenait une trace à peine visible, sur des flancs de montagnes escarpés où l’on n’imaginait pas pouvoir marcher longtemps. 

Ça durait des heures. 

Parfois la fatigue et la crainte m’envahissaient. 

Mais, je savais qu’un campement m’attendait à quelques km de marche et que les guides locaux auraient déjà commencé à cuisiner un repas chaud. 

Au quatrième jours, j’ai commencé à ressentir le terrible mal des montagne, celui qui vous donne des céphalées, des nausées et l’envie pressante de chier tout ce que vous avez dans le corps. Ce jour-là, toute la Karavane s’est arrêtée et rapidement on m’a monté une tente. J’ai pris une dose de Diamonx, ce médicament qui permet de surmonter ce genre de malaise qui est parfois mortel, puis j’ai dormi quelques heures, la tête fendue par des migraines intenses. 

À mon réveil, la médication avait agi et je pouvais apprécier mon repas. 

Une nuit de sommeil réparatrice suivit et le lendemain j’étais d’attaque pour deux autres cols, avec un pas qui me transportait deux heures devant tout le monde!

25 jours de “UPS and Downs” de toutes sortes: de la joie, du quasi découragement, de la crainte, de l’extase, des douleurs aux corps, le ventre qui crie, les succession de froids sur les sommets et de chaleur qui vous dévêtissent dans les vallées d’en bas. 

Comme sur le chemin de LLhassa. Comme sur le chemin de l’Éveil.

J’ai souvenir de me voir dans un miroir, au 27 ième jour de mon séjour himalayen, lorsque j’eu un choc en constatant la perte de poids que j’accusais. J’étais arrivé dans les hautes terres du Ladakh dans un corps musclé de marathonien, j’additionnais les courses à l’époque, mais à la fin du périple il ne restait plus qu’un petit maigrichon dont le torse ressemblait à un clavier de piano, je pouvais apercevoir mes côtés comme jamais !

J’avais perdu 25 livres, en 25 jours!!!

J’ai toujours abordé la pratique du dharma de la même manière que cette première Aventure Himalayenne, Lorsqu’on est conscient que les hauts, comme les bas, nous rapprochent du but que l’on vise.  Aucun plaisir, ni aucun obstacle, n’a réellement d’effet sur le but à atteindre. Comme le marathonien que j’ai été, je commence toujours mes défis avec une seule chose en tête, l’arrivée victorieuse!

Épilogue 

Nous serons à Kathmandou le 25 octobre, avec mes cervicales et mes lombaires qui m’empêchent parfois de me reposer; Sylvain aura aussi tous les défis imaginables que l’on peut avoir dans sa condition et avec un vieux pousseur qui a parfois du mal à “dealer” avec la demande.  Sans peur il nous faudra relever les défis d’un terrain pas toujours “disabled friendly“.  Les surprises du karma, que les causes et les conditions révèleront au fur et à mesure seront accueillies le plus sereinement possible.  Je sais que nous serons heureux, bénits à chaque moment, par les rencontres et par l’esprit particulièrement inducteur qui règne sur cette Terre des Bouddhas.

Il nous reste peu à faire avant la fin du décompte. Une semaine normale de travail, la suite de mes études bouddhistes, quelques rencontres amicales avant le jour de la grande envollée, 5.. 4.. 3.. 2.. 1.. ✈️ 



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The Great Flight



Final Preparations


For the past ten days, the minutes seem to last less. It is only an illusion created by the accumulation of all these little things left to be done before the departure of the 23rd.

The vaccines, the prescriptions, the tiring return trips to Montreal and Knowlton, Sylvain's professional meetings, the luggages and all the little details that must not be forgotten, make the gears of the adventurer’s clock turn at high-speed.

Sparks of memories from each of my previous Himalayan Adventures since 2001 come back to the surface and I wanted to share with you a portrait interview that Radio-Canadian host Isabelle Craig did with me as part of her radio broadcast “ Pas Banale La Vie”, a few summers ago.


Here’s the link: (it’s in French, if you can understand Molière’s language)


https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/pas-banale-la-vie/segments/reportage/30319/ladakh-inde-bouddhisme-raymond-philippe



The ups and downs of the adventure


My main meditative practices among the many schools of Tibetan Buddhism are called Mahamudra (Great Seal) and Dzogchen (Great Perfection). In these two paths, attention is turned towards the nature of the mind of the person who practices them. It is a path of recognition of one's own nature which does not seek to move away from the “downs”, nor to cling to the “Ups”... of life. On the contrary, the ups and downs serve as a tool to recognize one’s own nature as it is, that is to say always perfect in its “suchness”. Pure consciousness, always vast and clear which needs nothing to recognize the true nature of all phenomena. Also, very early one will learn that the path that leads to “realization” passes through fluctuations.


There is a very beautiful metaphor in Mahamudra to illustrate the importance of the ups and downs. It is said that to get from Kham province to the city of Lhasa, you have to go up and down high mountains, many times. Each pass is exhausting to cross, each valley a relief, sometimes green and filled with streams to drink from. This metaphor on the path to awakening reminds me of my first Himalayan stay. An unforgettable one! In 25 days of trekking, I crossed the Chan Tang, this Himalayan High Plateau which, in Ladakh, is traversed by two high mountain ranges, then leads us to the foot of the Himalayan barrier. 25 days of grueling climbs and sometimes equally exhausting descents.


I remember moments of ecstasy when, alone, I walked on the High Plateau between the stone giants, my skin burned by the Sun, at 5000 meters. I had just lost my father not long before, but never had his presence been so clearly revealed as in this immensity. Then, at the end of this high plateau, a depression suddenly appeared, preceded by a torrent of rain which formed sudden rivers which I had to cross, with my boots tied to the neck, to resume the next climb. The sudden cold made it necessary to wear more clothing and the path became a barely visible trace, on steep mountain sides where I did not imagine I could walk for long.

It lasted for hours.


Sometimes fatigue and fear were overwhelming.

But, I knew that a camp awaited me a few kilometers away, and that the local guides would have already started cooking a hot meal.


On the fourth day, I started to feel the terrible high altitude sickness, the kind that gives you headaches, nausea and the urge to throw out everything you have inside your digestive tube. That day, the entire Karavan stopped and a tent was quickly popped up for me. I took a dose of Diamox, this medication which helps overcome this type of discomfort which can sometimes be fatal, then I slept for a few hours, my head splitting with intense migraines.

When I woke up, the medication had worked and I could enjoy a good meal.

A restful night followed and the next day I was ready for two more passes, with a walking speed that kept me two hours ahead of everyone!

25 days of “UPS and Downs” of all kinds: joy, discouragement, fear, ecstasy, body pain, a screaming stomach, the succession of cold on the summits and heat that strip you naked in the valleys below.


Like on the way to Lhassa. As on the path to Awakening.


I remember seeing myself in a mirror, on the 27th day of my Himalayan journey, when I was shocked to see the weight loss my body was showing. I had arrived in the highlands of Ladakh in the muscular body of a marathon runner (I had cumulated several runs at the time), but all that remained was a skinny little guy whose torso looked like a piano keyboard.


I lost 25 pounds in 25 days!!!


I have always approached the practice of dharma in the same way as this first Himalayan Adventure, when one is aware that the highs, like the downs, bring us closer to the goal we are aiming for. No pleasure, nor any obstacle, really has any effect on the goal to be achieved. Like the marathon runner that I was, I always started my challenges with only one thing in mind, the victorious arrival line!



Epilogue


We will be in Kathmandu on October 25, with a neck and lower back which sometimes prevent me from resting; Sylvain will also have all the imaginable challenges that one can have in his condition and with an old guy pushing him, sometimes encountering difficulty to deal with the demand. With patience and efforts, we will have to face the challenges of a terrain that is not always “disabled friendly”. The surprises of karma, which causes and conditions will gradually reveal, will be welcomed as calmly as possible. I know that we will be happy, blessed at every moment, by the all the encounters and by the particularly inducive atmosphere which reigns on this Land of Buddhas.

We have little left to do before the countdown ends. A normal week of work, the flow of my Buddhist studies, and a few friendly meetings before the day of the big flight, 5.. 4.. 3.. 2.. 1.. ✈️


De l’automne à l’hiver   Dernière lettre de l’aventure « Népal à deux 2023 »        Le décalage , ou plutôt le ‘recalage’, nous a demandé au...