La plus grande qualité que nous avons, nous les « êtres sensibles », c’est la capacité d’adaptation quand les situations et les événements sont « obligeants ».
Voici enfin la première lettre à destination. Il nous aura fallu une bonne semaine avec tous ces jours de voyage ent, avant de trouver un moment idéal pour écrire.
Nous voilà donc rendus à Pokhara, sur la rive nord du lac Phewa et sur les contreforts de la chaîne Himalayenne. Nous décantons lentement la fatigue accumulée et le stress des nombreux défis qu’imposent tous ces déplacements de la première semaine. Pas facile pour Sylvain, pas plus pour celui qui l’accompagne. Je dis toujours que 10% de challenge pour lui devient 15% pour celui qui prend le vent, au-dessus, derrière.
Les transfères entre les aéroports, les embarquements-débarquements, surtout sur les vols intérieurs, demandent énormément de patience, de force et de nerf. Ici, au Népal, le personnel des aéroports et des compagnies d’aviation n’est formé que très sommairement à assister des personnes âgées ou moindrement handicapés. Quand vient le moment de transférer une personne à mobilité et à capacités réduites, ils font simplement …
comme avec les sacs de farine!
Les surfaces sur lesquelles nous nous déplaçons sont rarement plates et elles nécessitent un roulement sur deux roues. Imaginez-vous poussant un diable chargé d’un poids de 70 kilos (155 livres), sur des chemins de briques remplis de nid-de-poule et de panses-de-vache! Pauvre diable (..pauvre Sylvain).
Jour après jours, je me fabrique des bras, je m’oblige à rentrer le ventre et j’apprends à conjuguer avec les tendinites. Ça m’a permis de découvrir qu’Advil offre des combinaisons d’ibuprofène et d’acétaminophène. Voilà pour les routes et je ne vous raconte même pas pour les trottoirs, lorsqu’ils existent ils sont rarement accessibles et continus.
Chacun notre tour, nous avons eu de petits symptômes de grippe. J’ai même pensé avoir contracté une covid le jour de notre arrivée à Kathmandou, mais le test s’est avéré négatif. C’est sylvain qui a eu les plus longs effets: toux, courbatures, fatigue, maux de gorge et nez enchifrené pendant quatre jours. Notre chère amie Claire s’en est pour sa part bien sortie.
Comme rentrer chez-nous
Le taxi nous a déposé à notre hôtel peu de temps après notre arrivée. Le seul obstacle en entrant au Népal: ma dernière sortie du pays, le 21 décembre dernier (2022), n’avait pas été marquée par l’estampe nécessaire de l’agent des douanes Népalais. Sylvain venait tout juste de recevoir son visa sans difficulté, il était rapidement rentré au pays car nous avions pré-rempli le formulaire de demande de visa avant de quitter Montréal. Il faut savoir que le droit de séjour le plus long étant de 90 jours, c’est comme si j’avais outrepassé la limite permise de plus de dix mois. Imaginez le visage du douanier! Imaginez le petit frisson sur le mien! Le superviseur s’est amené, ils se sont parlés, j’ai montré mes photos de départ de l’année dernière, puis le patron m’a rassuré: « It is not your fault sir! Don’t worry. »
Les gens sont bons ici.
Je suis donc rentré à mon tour et nous avons rapidement trouvé taxi, chemin et hôtel. Tout était « presque » parfait. Ici et là, Il y aura toujours quelques marches, quelques plateformes et quelques obstacles à surmonter. L’hôtel Dolmaling est magnifique. Cependant, la première chambre offerte contenait une douche, dans un bain, mais la bordure épaisse de la baignoire permet à mon homme de s’asseoir et à moi de l’aider à se rapprocher de la douche-téléphone. Cette chambre était un remplacement « de luxe » pour un soir, parce que la chambre prévue n’était pas prête. Nous devions prendre une chambre standard, mais la salle de bain et les espaces de mouvements se sont avérés insuffisants. C’était un défi trop grand pour nous deux. Je comprend tellement mon précieux compagnon dans ces moments d’inconforts extrêmes, car nous en partageons les désagréments chacun à notre manière. Nous sommes retournés dans la chambre « de luxe » et nous y resteront jusqu’à la fin.
Nous réalisons tous les trois que nous avons pris des années et que l’âge d’Or de nos vies est bel et bien commencé. Il nous faut apprendre à adopter un nouveau rythme, à nous accorder plus de repos et à être plus cléments l’un pour l’autre lorsque le stress s’élève.
Le moment le plus beau, dès le premier instant de notre arrivée à Bodhanath, fut d’entendre Sylvain me dire « je suis tellement content, juste d’être là » ! C’était comme rentrer chez-nous.
Pokhara et la Chaîne Himalayenne
La ville de Pokhara, à 25 minutes de vol de Kathmandou, est maintenant dotée d’un aéroport international immense. Don de la Chine, au grand déplaisir de l’Inde qui refuse d’y faire atterrir ses vols. Le Népal est situé entre Dieu et Diable, ça n’est jamais parfait lorsque le Népal prend une décision favorisant l’un ou l’autre. Je vous laisse deviner qui incarne « Dieu » et qui incarne « Diable » et je crois même que ça doit varier… selon l’offre ou l’humeur des uns et des autres.
Le petit hôtel que j’avais trouvé l’an dernier est lui aussi « presque parfait », à part quatre bonnes marches à monter, à reculons, avec « canard » dans son fauteuil à roues. Après une bonne fatigue d’une journée d’activités, ça demande beaucoup de bonne volonté et d’huile de joint dans les bras.
Je vous éviterai les détails de cette première semaine, vous offrant maintenant des images plus évocatrices que les mots:
Adapting
The greatest quality we “sentient beings” have is the ability to adapt when situations and events are challenging.
Here is finally the first letter from destination. It took us a good week with all these days of traveling before we found an ideal time to write.
We are in Pokhara, on the northern shore of Lake Phewa and on the foothills of the Himalayan range. We slowly decant the accumulated fatigue and the stress imposed by all the travelling during the first week. Not easy for Sylvain, nor for the one accompanying him. I always say that 10% of challenge for him becomes 15% for the the second one who takes the wind, above, behind.
Transfers between airports, boarding and disembarking, especially on domestic flights, require a lot of patience, strength and nerve. Here in Nepal, airport and airline staff are only minimally trained to assist elderly or moderately disabled people. When the time comes to transfer a person with severely reduced mobility and capacities, they simply do...
like they would do with flour bags!
Here the surfaces we move on are rarely flat and require rolling on two wheels. Imagine pushing a trolley weighing 70 kilos (155 pounds) on brick paths filled with holes and bumps! Poor Sylvain.
Day after day, I build arms, I force myself to tuck in my stomach and I learn to deal with tendinitis. This allowed me to discover that Advil offers combinations of ibuprofen and acetaminophen. That's for the roads, and I'm not even telling you about the sidewalks, when they exist they are rarely accessible and continuous.
Each of us had flu symptoms. I even thought I had contracted covid the day we arrived in Kathmandu, but the test came back negative. It was Sylvain who had the longest effects: cough, aches, fatigue, sore throat and sore nose for four days. Our dear friend Claire did well.
Like coming back home
The taxi dropped us off at our hotel shortly after arrival. The only obstacle when entering Nepal : my last exit from the country, on December 21 (2022), had not been marked by the necessary stamp from the Nepalese customs agent. Sylvain had just received his visa without difficulty, he quickly entered because we had pre-filled out the visa applications form before leaving Montreal. You should know that the longest allowance of stay being 90 days, it was as if I had exceeded the permitted limit by more than ten months.
Imagine the face of the customs officer ! Imagine the little thrill on mine! The supervisor came, they spoke, I showed my departure photos from last year, then the boss reassured me: “It is not your fault sir! Do not worry’’.
People are good here.
After receiving my visa, we quickly found a taxi, the right way, and the hotel. Everything was “almost” perfect. Here and there, there will always be a few steps, a few platforms and a few obstacles to overcome. The Dolmaling Hotel is magnificent. However, the first room offered contained a shower, within a bath, but the thick rim of the bathtub allowed my beloved one to sit, and myself to help him get closer to the shower. This room was a "luxury" replacement for one evening. We were supposed to take a standard room, but the bathroom and space proved insufficient to move in. It was too big a challenge for both of us.
I understand my precious companion so much in these moments of extreme discomfort, because we share the inconveniences in our own respective way. We returned to the “deluxe” room and will stay there until the end.
All three of us realize that we have taken years and that the Golden Age of our lives has undoubtedly begun. We need to learn to adopt a new rhythm, to give ourselves more rest and to be more lenient to each other when stress rises.
The most beautiful, from the first moment of our arrival in Bodhanath, was hearing Sylvain telling me “I’m so happy, just to be here”! It was like coming back home.
Pokhara and the Himalayan Range
The city of Pokhara, a 25-minute flight from Kathmandu, now has a huge international airport. Gift of China, to the great displeasure of India which refuses to land its planes there. Nepal is located between God and evil, it is never perfect when Nepal makes a decision favoring one or the other. I'll let you guess who embodies "God" and who embodies "Evil" and I even believe that it must vary... depending on the offer or the even the moods.
The small hotel I found in Pokhara last fall is also “almost perfect”, apart from four good steps to climb, backwards, with « canard » (Duck) in his wheelchair. After being very tired from a day of activities, it requires a lot of good will and joint oil in the arms and legs.
I will spare you the details of this first week to offer you images that are more evocative than words:





















